• Laurence

GWENDOLINE HAMON, 7 fév 2021


MADAME

GWENDOLINE HAMON

-​ Actrice & Auteure -

Paris

" UNE FEMME, QUI POUR MOI, INCARNE LA FEMME FRANCAISE ?

Clairement Catherine Deneuve, pour sa grande élégance au cours des décennies bien sûr, mais au delà de sa beauté, de ses amours et de ses choix de carrière, elle a une liberté de parole et une audace, une intelligence et une ouverture d'esprit qui racontent pour moi la vraie Femme Française. Je crois que l’on peut être une femme chic et engagée.

MON SOUVENIR LE PLUS NOSTALGIQUE DE THEATRE ?

Lorsque je jouais une pièce de Sacha Guitry au théâtre des Variétés, à l’époque dirigé par Jean Paul Belmondo qui venait nous voir chaque semaine dans nos loges pour nous faire un coucou et son frère Alain directeur à l’époque avec qui je passais des heures à discuter. Et la troupe merveilleuse devenue une famille au long de cette année de succès avec laquelle nous riions tant. Jean Pierre Marielle dont je jouais la fille et avec qui j’avais des scènes formidables, Françoise Fabian que j’adorais, Agathe Nathanson, Pierre Vernier, François Vincentelli mes camarades avec qui nous partagions tant de moments de vie. Tout cela mis en scène par Bernard Murat.


UN ACCESSOIRE QUI NE ME QUITTE PAS ?

Ma montre. J’en ai plusieurs et me sens orpheline lorsque je l’oublie. Elle décore le poignet qu’elle soit masculine ou plus raffinée. Les miennes sont souvent anciennes, de vieux modèles que je trouve plus racés que ce qui se fait aujourd’hui.


COMMENT EST CE QUE JE RENDS UNE TABLE MAGNIFIQUE ?

J’aime les objets anciens et singuliers. J’ai par exemple, une carafe à eau baroque qui représente un chien que j’adore poser sur la table. Des porte- couteaux Empire en argent chinés. Je me sers de couverts en argent tous les jours car rien ne sert de laisser ces merveilles au placard! Je pose des petites salières en argent de brocante, j’allume des bougies colorées portées par des bougeoirs anciens. Bref, j’accommode ma table d’objets mélangés qui, sans doute me ressemblent. Et je ne pose jamais une bouteille d’eau en plastique!


MA MADELEINE DE PROUST ?

Il y en a plusieurs, goûteuses, visuelles ou odorantes! Pour le goût, ce sont les cannelés et florentins de mon enfance, le premier de chez Fredelian, pâtissier phare du Cap Ferret où mes grands parents avaient une maison, le second du salon de thé « la Chaumière » à Villars sur Ollon en Suisse où j’allais chaque année enfant. Et la bavette à l’aïoli de mon père au feu de bois. Je n’aime pas beaucoup la viande mais je peux en avaler 25 morceaux! L’odeur de l’herbe fraîchement coupée qui me laisse dans un bien être fou et revoir les paysages Sénégalais, Ferret-Capien ou Suisse de mon enfance. QU'AI JE DE PLUS LUXUEUX DANS MON ARMOIRE/TIROIR?

Une bague XIXème siècle qui me vient de ma grand-mère, un cabochon d’émeraude rehaussé de rubis et de diamant que je porte souvent avec une tenue simple pour casser son genre. Beaucoup plus élégant que de mettre en avant son côté « parure», elle à l’air d’être un bijou fantaisie et je suis la seule à connaître le secret!

QU'Y A T IL DE TRES FRANCAIS DANS MON STYLE ?

Je crois savoir dissocier les genres. Je suis bien partout et dans tous les milieux. Je connais les codes et aime profondément les « autres » d’où qu’ils viennent, à partir du moment où ils sont humains et que le moment à vivre est enrichissant. Il faut savoir vivre les vrais instants! Idem pour le style. Je peux porter des accessoires ou une tenue très élégante et prendre le métro toute la journée, ou rentrer à pied d’une soirée en talons, j’aime également les mélanges en déco, des tableaux très anciens et de l’Art Africain plus brut ou des photos modernes et des objets hétéroclites vivant ensemble dans une ambiance très colorée avec des points de lumière chaude. Il y a chez la Française une simplicité et un naturel qui fait partie de son ADN. Un jour, à l’aéroport de JFK, un homme m’avait abordée en me disant « vous, vous êtes Française, ça se voit immédiatement, vous n’êtes pas sophistiquée à outrance comme les femmes américaines, vous avez un naturel et un chic fou ! » J’en ai encore les chevilles gonflées!


MA DEVISE ?

Absolument toujours « voir son verre à moitié plein ». Et également « ce qui est beau, c’est ce qu’on aime » réplique tirée d’une pièce de mon grand-père.

Jean Anouilh était l'un des plus grands dramaturges français dont l'œuvre théâtrale est constituée de nombreuses comédies souvent grinçantes et d'œuvres à la tonalité dramatique ou tragique comme sa pièce la plus célèbre, Antigone.

MON PERSONNAGE PREFERE DANS LES PIECES DE THEATRE DE MON GRAND-PERE ?

Difficile de choisir car même les petits rôles chez Anouilh sont intéressants et habités par une personnalité forte. Mais je dirais que les personnages qui crient leur vérité au monde avec leur névrose, leurs complexes, leur peur, leurs croyances et leur naïveté l’emportent. Je ne peux pas tous les citer, il y en a trop, il a écrit 50 pièces!

EST-CE QUE JE PREFERE ECRIRE OU JOUER LA COMEDIE? Ce sont deux exercices radicalement différents. Être actrice vous impose de vivre dans le regard des autres, le jugement des autres, la décision des autres ce qui n’est pas agréable et assez déstabilisant. Mais interpréter, se fondre dans la personnalité d’une autre m’excite et me transcende. J’aime ce travail intérieur de recherche et le moment où je lâche la machine.



Alors qu’écrire, c'est extraordinaire car c’est une introspection, on ne se bride pas, on est indépendant de son temps, de sa parole, on est à son propre service et à celui du futur lecteur qui acceptera ou pas de nous lire.



QU'EST-CE QUE J'AIME OFFRIR LORSQUE JE SUIS INVITEE A DINER ?

Souvent un bon vin, mais aussi un livre, des fleurs ou une jolie bougie.


A QUEL PLAT, EST-CE QUE JE NE RESISTE PAS? Le pot au feu indéniablement. Un plat simple, sain, qui rappelle la douceur d’une grand-mère et la chaleur d’une famille réunie. "