• Laurence

OLIVIER CASSEGRAIN, 27 fev 2021

Oliver Cassegrain

Co-propriétaire et responsable du marché américain

Maison LONGCHAMP

-Y a t il un modèle de sac qui vous évoque

une certaine nostalgie?

Je pense au Zip Bag qui a été conçu par Thomas Heatherwick en édition limitée en 2005. Un sac construit autour d'une longue fermeture éclair qui a beaucoup plu.

Il était joli, pratique, chic, sobre, design, très fonctionnel et avec des associations de matières et de couleurs (cuir noir et nylon orange par exemple). Nous avons d’ailleurs ensuite, choisi Thomas Heatherwick pour concevoir l’escalier de notre boutique de Soho que nous avons appelé Maison Unique Longchamp. Fabriqué en acier laminé, il constitue la première œuvre d’art qu'a réalisé le célèbre designer anglais à NY avant d’élaborer ensuite sa deuxième création à Hudson yards, The Vessel.

-Dans quelle mesure, la boutique de NY symbolise à sa façon le French art of living?

Dans la boutique de Soho qui fait 500m2, nous avons une terrasse de 200m2 que nous prêtons pour des évènements extérieurs. La mise à disposition de notre terrasse s’inscrit dans une démarche philanthropique en adéquation avec l’image que souhaitons véhiculer « simple et accessible ». De même que régulièrement, le samedi depuis plusieurs années, les professeurs d’écoles d’architecture viennent avec leurs étudiants et restent de longues heures à croquer l’architectural escalier en acier de la boutique. Nous sommes contents de recevoir la visite de personnes qui viennent découvrir la boutique. Notre envie de recevoir fait partie de notre art de vivre. Et nous aimons aussi bien recevoir les étudiants en architecture que l’architecte du Vessel. Nous voulons rester « chic en toutes circonstances » comme telle est notre devise.

-un personnage culte de votre enfance?

Plus qu’un personnage, plutôt l’influence de la musique des années disco sur laquelle j’adorais danser et chanter plus jeune

-un sac Longchamp est il plus qu'un accessoire?

Dans les années 80, nous avions fait une campagne de publicité qui disait « Longchamp et moi, c’est pour longtemps ». Moi, je transporte ma maison sur mon dos et lorsque je choisis un sac, je le garde au moins 5 ans. Cette année, nous n’avons pas choisi d’égérie dans notre campagne de publicité, c’est une décision de notre part car après Kendal Jenner, nous voulions quelqu’un dont nos clients se sentent plus proches

dans le comportement et l’attitude globale.

Comme ce fut le cas avec Kate Moss qui pendants nos 7 campagnes, avait un charisme hors norme, un naturel et une spontanéité. Elle surpasse et surclasse de loin

toutes les starlettes d’instagram.

-une rencontre qui vous a marqué?

Kate Moss !

Et Bob Kennedy Junior également… Les gens face à lui sont comme face à un gourou, il est passionné par ce qu’il fait… ce fut une très belle rencontre

-quel cadeau aimez vous offrir ?

Ce qui est très difficile et très intéressant en même temps c’est d’offrir un cadeau qui ne nous plait pas mais qui va plaire à la personne intéressée. Cette année, j’avais trouvé des thèmes sympathiques autour de thèmes tel le jardinage, la cuisine ou le café.

En janvier dernier, j’ai offert à une amie pour son anniversaire, notre nouveau sac que nous venons de sortir : le sac filet qui est le fruit de notre collaboration avec la marque Normande Filt qui fait des sacs à provisions…

-un lieu qui vous ressource ?

Courchevel me manque énormément, j’y vais depuis que je suis né. Je n’ai jamais skié ailleurs et cette année, à cause du virus, nous ne pourrons pas y aller. Un autre endroit, la Corse où je vais également depuis que je suis né, j’ai été baptisé à l’église de Porto Veccio.

-votre plus grande folie?

Ma plus grande folie? accepter un poste dans l’hôtellerie a Bora Bora où j’ai été embauché en tant que réceptionniste et en arrivant, j’ai été promu directement directeur de l’hébergement. Cela aurait dû attirer mon attention.

Je suis parti un 22 décembre, ce fut un déchirement pour mes parents

-y a t il des éléments de déco que vous mettez toujours lorsque vous dressez une table?

Je suis un peu manique car j’ai fait l’école hôtelière… Je suis très attentif au sens dans lequel sont posées les fourchettes. En France, les fourchettes en argent pointent vers le bas car les armoiries étaient gravées sur le dos du manche de la fourchette. Je veille aussi toujours à ce que les couteaux ne soient pas trop loin du bord de la table . Et, je fais toujours attention au positionnement des verres. En effet, je n’aime pas quand on se trompe de place. Et puis aujourd’hui, on a souvent un tumbler pour l’eau et un verre à vin , cela me dérange car ce n’est pas harmonieux visuellement. Après cela dépend ou l’on se trouve car si il s’agit d’un déjeuner dans le sud de la France où l’ambiance est plus relax alors, cela me dérange moins. Mais à Paris par exemple, je trouve que le tumbler et le verre à vin ne vont pas ensemble l’un à côté de l’autre. Egalement, je déteste quand les serviettes de table sont excessivement pliées. C’est la règle que j’ai apprise à l’école,

une pliure simple c’est toujours ce qu’il y a de mieux.

-êtes vous à cheval sur les bonnes manières?

J’inculque à ma fille de se tenir droite à table en lui disant ce que j’ai entendu petit « sors la poitrine, rentre ton ventre et serre les fesses ». Egalement d’être patiente à table, de laisser parler les adultes ce qui n’est pas chose facile pour elle… car dès qu’elle a un truc à dire, elle le dit, elle n’a que 6 ans… aussi, je lui fais comprendre qu’elle doit écouter ce dont parle les adultes et de ne pas couper la parole car elle fait partie d’une conversation et en fonction de comment elle va intervenir, cela montrera qu’elle s’intéresse à ce qui est entrain de se dire ou qu’elle ne s’y intéresse pas…

votre passion?

Je suis passionné d'objets anciens de notre Maison, je les collectionne et je suis toujours en quête de nouvelles trouvailles